Présentation du Baromètre Green IT par l’Alliance Green IT

Romuald Ribault, vice-président de l’AGIT nous présente pour ce troisième atelier, les résultats du Baromètre Green IT 2020, les évolutions depuis 2015 et les leçons à en tirer pour mettre en places des actions concrètes dans son organisation.

Le Baromètre Green IT a 2 objectifs principaux : mesurer la maturité des entreprises en matière de Green IT et son évolution, mais aussi à travers les questions posées, faire connaitre les pratiques. Ce dispositif existe depuis 2015 et est porté par l’Alliance Green IT, partenaire de Planet Tech’Care. 

L’édition 2020 est la troisième édition du Baromètre Green IT, qui parait tous les 2 ans et est soutenu depuis 2017 par l’Ademe et Ecologic. De plus et afin d’avoir des résultats robustes statistiquement, tous les résultats ont été validés et redressés par Opinionway. 

Le baromètre s’articule autour de 8 thématiques : Infrastructures informatiques, Datacenter, Impression, Fin de Vie, Achats, Gouvernance, Poste de Travail et Applications. Le baromètre présente 26 indicateurs suivis d’une édition à l’autre, et comporte une centaine de questionsEn termes de méthodologie, on distingue deux dispositifs bien scindés : le premier est un sondage en ligne disponible pendant 4 mois et diffusé par l’Agit et ses partenaires, et le second s’appuie sur des campagnes d’appels téléphoniques auprès d’entreprises de plus de 10 salariés. Il est également important de souligner que les résultats ont été redressés pour leur donner une véritable représentativité à l’échelle nationale

A noter que 76% des entreprises en France ont 0 salariés, et 99% ont moins de 50 salariés, tandis que la moitié des emplois en France est portée par les entreprises de plus de 50 salariés.

Le questionnaire démarre par des questions sur les infrastructures informatiques, ce qui donne des indications sur la taille de l’entreprise. A noter que 30% des répondants n’en n’ont pas et ne sont donc pas concernées par les parties datacenters, infrastructures…Les entreprises progressent dans la connaissance de leurs infrastructures informatiques par rapport à l’édition de 2015. On constate aujourd’hui une réelle volonté de rendre plus sobre et efficace ses infrastructures : 63% des entreprises désinstallent leurs infrastructures inutiles contre 37% en 2015. Une prise de conscience et une volonté de faire attention ressortent, mais très peu d’entreprises connaissent la volumétrie des données de leur activité.7 entreprises sur 10 ont un serveur, et parmi elles 1/3 l’installe dans un placard, et 2/3 l’installent dans une véritable salle informatique chez eux ou chez leur fournisseur. Il est intéressant de souligner que parmi les entreprises ayant mis en place une stratégie Green IT avec une personne dédiée, 85% connaissent leur espace de stockage contre seulement 40% des entreprises n’ayant pas mis en place une telle stratégie. Ceci montre l’importance de mettre en place une telle stratégie pour le suivi d’indicateurs numérique et environnement.

Basculer vers le cloud pour les petites entreprises est intéressant en permettant de profiter d’un datacenter qui met en place les meilleures pratiques, mais en gardant à l’esprit de le faire lorsque l’on est en fin d’usage de ses équipements afin de ne pas en réduire leur durée de vie.

 Si la connaissance sur la taille des salles informatiques a fortement progressé, 86% des entreprises la connaissant aujourd’hui contre seulement 39% en 2015, l’utilisation énergétique des datacenters reste méconnue pour 72% des entreprises. On voit que le lien entre le numérique et l’énergie n’est pas encore très présent et que la problématique de la mesure reste très forte. L’optimisation des datacenters repose encore principalement sur le refroidissement et l’optimisation de la salle elle-même. L’axe d’amélioration reste d’agir sur la consommation énergétique de la salle et de ses équipements. On note tout de même que l’utilisation énergétique du datacenter est une notion très présente dans les appels d’offre. La notion de PUE(Power Usage Effectiveness)  est un élément différenciant pour un prestataire hébergeur mais il reste très peu suivi par les entreprises possédant leur propre salle. L’AFNOR a normé le PUE, ratio qui mesure la part des équipements informatiques sur l’ensemble de consommation énergétique.

L’impression est la thématique sur laquelle le niveau de maturité est le plus élevé depuis 2015. 7 entreprises sur 10 n’ont plus d’imprimantes individuelles, utilisent des consommables – papier ou cartouches – recyclés ou à label. 55% des entreprises ont mis en place une collecte séparée pour la gestion de leurs consommables.En revanche, si l’on rentre plus dans le détail, on note qu’il reste beaucoup d’améliorations possibles. A nouveau, la problématique de la mesure est la : on sait que l’on a mis en place des actions, mais on ne sait pas précisément lesquelles et surtout on ne connait pas leur impact. Seulement 7% des entreprises achètent aujourd’hui des copieurs d’ occasion. Or pour réellement favoriser le réemploi, il est important qu’un marché de l’achat d’occasion existe. 

La fin de vie est la thématique sur laqelle  le niveau de maturité est le plus bas, seules 28% des entreprises connaissent la réglementation sur les DEEE, et seule 1 entreprise sur 5 connait la quantité de DEEE qu’elle génère. La encore, on constate que la prise de conscience a bien évolué depuis 2015, mais la problématique principale reste encore la mesure. 42% des entreprises ont une collecte séparée de leurs déchets électriques, piles et lampes et 20% dont une gestion des DEEE optimum. Il est important de souligner que seules 14% des entreprises ont un Registre des Déchets alors que celui-ci est non seulement une obligation, mais constitue également un parfait point de départ pour avoir une gestion durable et soutenable de ses déchets. 30% des entreprises ne connaissant pas la réglementation font totalement confiance à leur prestataire. Romuald Ribault insiste sur le fait que confier ses déchets à un prestataire ne libère pas l’entreprise de sa responsabilité qui va jusqu’à la valorisation finale des déchets. Depuis décembre 2019, tous les opérateurs doivent être sous contrat avec un éco-organisme ou système individuel, il ne faut donc pas hésiter à demander à son prestataire de fournir ces documents.

En ce qui concerne les achats, on constate un retour en force des écolabels et les critères d’éco-conditionnalité sont désormais présents dans les appels d’offres de 41% d’entreprises Le recours à la location est en augmentation, ce qui devrait avoir un impact positif. Basculer vers le leasing permet de mutualiser et favorisera également de véritables achats durables par les prestataires afin de pouvoir cumuler plusieurs locations.Le recours à l’équipement informatique reconditionné ou d’occasion reste faible, même s’il augmente un plus vite dans le téléphonie. En réponse à une question, Romuald précise que la première action est d’acheter l’équipement le mieux dimensionné par rapport à ses besoins. Il n’existe pas aujourd’hui de label pour les PC reconditionnés, mais Romuald conseille de prêter une attention particulière à la façon dont l’équipement a été nettoyé, emballé individuellement, mis à niveau et si un PV de tests est bien fourni. La question des garanties et du service d’accompagnement reste effectivement posée, à nous de faire monter l’ensemble des acteurs en compétences.

Enfin, on constate d’importants progrès dans les bonnes pratiques d’écoconception des services numériques. Un point important est l’accessibilité, rendre ses services numériques accessibles c’est faire un grand pas en termes d’écoconception.

En termes de gouvernance, il est positif de constater qu’aujourd’hui  60% des entreprises sensibilisent leurs collaborateurs. Des éco gestes sont en place, la prise de conscience est là, en revanche il est encore difficile de savoir quels en sont les impacts ou le poids.

En conclusion, on note de vraies améliorations mais il reste beaucoup de choses à faire, le sujet du numérique et environnement est complexe. L’importance de la présence d’une personne désignée responsable Green IT est essentielle, et plus cette personne aura une place élevée dans la hiérarchie, plus les enjeux numérique et environnement seront intégrés à la stratégie de l’entreprise. L’importance de la mesure ressort également, sans connaitre il est très difficile de mettre en oeuvre de bonnes pratiques.

Un grand merci à l’Alliance Green IT et particulièrement Romuald Ribault et Tomas Mesplèdes, pour cet atelier.  Vous trouverez sur leur site internet l‘intégralité du Baromètre ainsi que toutes leurs publications.

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